Les deux technologies de détection de gaz dans le capteur Terrestream fonctionnent sur des principes complètement différents, et comprendre la différence aide à expliquer pourquoi les lectures se comportent comme elles le font.
La spectroscopie infrarouge photoacoustique est la technologie utilisée par le canal CO2 du Sensirion SEN66. C'est une méthode optique d'absorption infrarouge, mais distincte des capteurs NDIR à cellule de transmission courants dans les autres moniteurs de CO2. Une petite source infrarouge pulse à la longueur d'onde absorbée par le CO2 (4,26 µm) ; les molécules absorbantes chauffent une mini-bouffée de gaz, qui produit une onde de pression captée par un microphone sensible. Le signal est proportionnel à la concentration de CO2 via la loi de Beer-Lambert. La lecture est absolue (aucune référence requise), la physique est bien comprise, la calibration tient des années. Le coût : les capteurs à infrarouge sont plus gros, plus lents et plus chauds que les capteurs du type suivant.
Le MOX (oxyde métallique) est la technologie derrière les indices COV et NOx du SEN66. Une surface céramique chauffée d'oxyde d'étain (maintenue autour de 300 °C) voit sa conductance électrique modulée par les gaz adsorbés : les gaz réducteurs (la plupart des COV) la poussent dans un sens, les gaz oxydants (NOx, ozone) dans l'autre. Le capteur n'identifie pas quel gaz ; il voit la classe.
Deux conséquences. D'abord, les lectures MOX ont besoin d'une référence : l'algorithme d'indice COV de Sensirion construit une référence glissante sur 24 heures de « votre air normal » et rapporte les déviations relatives sur une échelle 0–500. Ensuite, les surfaces MOX dérivent lentement sur des mois en vieillissant ; Sensirion compense par algorithme, mais des mesures absolues de COV en ppb ne sont pas possibles avec cette classe de capteurs.
En pratique : lire le CO2 en ppm comme valeur absolue. Lire les indices COV et NOx comme « par rapport à votre normal ». Quand le tableau de bord dit « COV élevé au-dessus de la référence », l'énoncé est précis ; quand il dit « COV à 240 ppb », c'est une estimation dérivée avec une incertitude substantielle.
Références
- Sensirion - Module de capteur environnemental SEN66 sensirion.com
- Sensirion - fiche technique SEN66 et indice COV sensirion.com
- Fonollosa et coll. - Dérive des capteurs de gaz à oxyde métallique doi.org
- Pang et coll. - Conception des capteurs NDIR www.sciencedirect.com